Après plusieurs jours passés sous un épais brouillard, Lille a renoué avec le soleil pour cette rencontre tant attendue du 10 novembre 2011. Il fait beau, il fait doux, le terrain est bon :
toutes les conditions semblent réunies pour permettre aux Michels de rebondir après la frustrante défaite 25 - 28 à Beauvais. Un bon résultat, voilà tout ce qu'il nous faut pour nous relancer
dans notre poule. Cela passe forcément par un gros match sur nos terres face à Troyes.
Les Michels l'ont bien compris et cela se traduit dès l'entame de match par dix grosses minutes de temps forts pour les jaunes et noirs. Intensité au près, mise à contribution des trois quarts...
nous mettons plusieurs fois l'adversaire à la faute. Les pénalités sont vite jouées, nous ne daignons pas prendre les points au pied, convaincus qu'il y a de la place pour marquer notre premier
essai. Et il y a de la place, en effet : le placement défensif de Troyes est approximatif, les prises d'intervalle sont nombreuses en notre faveur...
Seulement voilà : Troyes est une équipe est une équipe vaillante, courageuse en défense. Les impacts sont rugueux, plusieurs plaquages sont déjà illicites. Au bout d'à peine dix minutes,
l'arbitre du match interpelle les deux capitaines et demande aux joueurs de Troyes plus de discipline. Enième pénalité en notre faveur, face aux poteaux. Notre buteur s'avance et, sans trembler,
passe le cuir entre les perches. Les Michels marquent les premiers, fort logiquement au vu du début de match. 3 - 0 en faveur de Centrale Lille.
Les jaunes et noirs concrétisent donc enfin notre temps fort. C'est important et c'est bien, même si nous pouvons regretter de n'avoir pas pu marquer d'essai pendant cette période ultra
dominatrice.
Troyes renvoie le ballon dans notre camp, bien décidée à en découdre jusqu'au bout. L'intensité défensive est toujours la même, voire plus intense... et ce qui devait arriver arrive : l'arbitre
met la main à la poche. Premier carton et première exclusion temporaire pour Troyes qui se retrouve à quatorze contre quinze. C'est le moment idéal pour nous de mettre à mal notre adversaire et
de marquer l'essai qui nous fait défaut. Les jaunes et noirs s'y emploient avec la même débauche d'énergie... malheureusement plusieurs passes approximatives subsistent et contaminent nos temps
de jeu. Troyes se sert de nos fautes pour se décharger de la pression et nous renvoyer dans notre camp. Occasion manquée, une fois de plus... et une fois de trop.
A force de jouer dans notre camp, nous nous exposons : monsieur l'arbitre sanctionne une position de hors-jeu dans nos 22 mètres : c'est 3 points cadeaux donnés à Troyes qui ne se fait pas prier
pour passer la pénalité. 3 - 3 au tableau d'affichage.
Commence alors un tout autre match. Desservis par nos temps forts non concrétisés et par notre débauche d'énergie non récompensée, nous commençons à jouer à l'envers, rendant trop facilement les
ballons au pied et pratiquant un jeu trop stéréotypé. Troyes ne s'y laisse plus prendre et distribue les tampons avec beaucoup d'enthousiasme... parfois même trop. Les pénalités pleuvent sur les
bleus et blancs, les cartons aussi, maintenant Troyes en constante infériorité numérique par rapport à nous. Mais cela n'altère en rien leur courage ni leur volonté d'exploiter le peu de ballons
dont ils peuvent véritablement tirer profit ! Forcément déstablilisant...
A la demi-heure de jeu, une action part au large ; le cuir est entre les mains de Troyes. Quelques plaquages manqués plus tard, c'est l'essai en faveur des visiteurs : sanction sévère mais
logique d'un temps faible que nous n'avons pu maîtriser. 3 - 10. Le score n'évoluera plus jusqu'à la mi-temps.
Dès la reprise, la tension est palpable sur le terrain. Un essai transformé d'écart ; rien n'est fait dans ce match et les trente acteurs le savent bien. Turnovers réguliers, fautes de main
fréquentes, vols de ballons en touche des deux côtés... c'est le moment où le match peut basculer... et il bascule, en effet, mais pas dans le sens que nous avions espéré.
Sur un ballon cafouillé dans les 22 mètres de Troyes, une foudroyante contre-attaque est menée dans un troisième rideau non replacé. Le cuir est de nouveau aplati entre les perches et les
visiteurs se détachent au score : 3 - 17.
Les Michels n'ont cette fois plus le choix ; il reste quinze grosses minutes pour marquer deux fois et arracher au moins un match nul. C'est le moment ou jamais de réagir ! Etre au pied du mur à
domicile, face à une équipe qui n'a joué que sur nos fautes, c'est forcément très frustrant. Et c'est sur cette base solide d'orgueil bien placé que vont se construire quinze dernières minutes de
folie.
Les remplaçants sont mis à contribution pour apporter du sang frais à la machine jaune et noire, qui se met à tourner à plein régime. Alternance avants - trois quarts, renversements de jeu,
ballons plus vite sortis des rucks : les joueurs de Troyes ne savent plus où donner de la tête pour faire face à notre superbe renaissance. L'intensité défensive est toujours là mais elle est
moins bien placée : leur constante infériorité numérique finit enfin par les desservir. Dominés dans tous les secteurs, les bleus et blancs craquent : c'est le premier essai des Michels, à dix
minutes du terme de cette rencontre ultra disputée. 10 - 17.
Les locaux sont de retour et, avec eux, la pression monte encore d'un cran... un cran de trop. Un joueur de Troyes craque : c'est le carton rouge et une fin de rencontre à douze contre quinze.
Gros désavantage pour les visiteurs... d'autant que, côté Michels, les remplaçants, en grande forme, viennent apporter leur soutien aux titulaires infatigables. Le jeu est beau à regarder et
efficace. A trois minutes de la fin, un autre essai est marqué en faveur des jaunes et noirs. La transformation en coin, hélas, ne passe pas... 15 - 17.
Cent quatre-vingts secondes ! C'est ce qui nous reste pour marquer au moins une pénalité et remporter le match. Pénalité, il y aura... mais pour les visiteurs ! Le buteur adverse s'avance... il
rate les perches ! Toujours 15 - 17...
Et c'est la relance depuis nos 22 mètres... la dernière action... la dernière chance pour nous de faire pencher la balance définitivement en notre faveur. L'espoir est là, il existe... il brille
de plus en plus dans nos esprits survoltés alors que nos vaillants combattants pillonnent la ligne défensive de Troyes... mais l'espoir n'a qu'un temps. Il s'éteint brusquement quand une faute de
main, lourde de conséquences, vient détruire notre rêve. 15 - 17 : c'est la fin d'un match encore une fois très frustrant, qui était à notre portée mais que nous avons sabordé en donnant trop de
fautes à l'adversaire.
La déception est immense dans les vestiaires ; les visages sont fermés... nous ruminons sans cesse sur ce que nous aurions pu faire mais que nous n'avons pas fait. C'était une belle occasion de
se mettre en position de force dans notre poule ; elle est manquée. Point final.
Mais l'espoir d'une qualification reste toujours intact à la veille du dernier match de poule. Ce sera face à Rouen et il faudra, cette fois-ci, quoi qu'il arrive, s'imposer avec la manière...
pour que les Michels continuent à exister dans ce championnat... et pour que soit enfin récompensé notre formidable esprit d'équipe qui, s'il ne nous a pas conduit à la victoire, nous a permis de
venir à bout d'un fût de 30 litres de bière partagé entre 10 personnes. Faites le calcul...
Alors, non, les Michels ne sont pas morts et oui, nous aurons rendez-vous avec l'Histoire le jeudi 17 novembre prochain ! Nous ferons tout pour préparer à l'INSA Rouen une chaude réception sur
nos terres ! Parce que la tunique jaune et noire mérite que l'on se batte pour elle et que c'est un honneur de la porter pour défendre les couleurs de notre école. Rendez-vous, donc, la semaine
prochaine.
Allez Centrale Lille ! Allez Les Michels !